• Rapport annuel 2026 du Comité d’étude sur le vieillissement (CEV)

    Le message central : le coût budgétaire du vieillissementLes dépenses sociales passent de 25,7 % du PIB en 2025 à 27,2 % en 2070, soit un coût budgétaire du vieillissement de +1,5 point de pourcentage du PIB — mais entièrement concentré sur 2025-2050 (+1,5 pp) tandis que la période 2050-2070 est neutre (0,0 pp).

    Trois enseignements :Les soins de santé sont le principal moteur de la hausse (+2,1 pp), soit trois fois plus que les pensions. Près de la moitié de cette progression vient des soins de longue durée, même si ceux-ci ne représentent qu’environ un quart des dépenses de santé.Les pensions n’augmentent que de 0,7 pp, précisément parce que la réforme des pensions en réduit le coût de 1,4 pp (évaluation du Bureau fédéral du Plan, rapport 13299, avril 2026). Le coût des pensions est même négatif pour le secteur public (−0,6 pp).Les autres branches diminuent en % du PIB, effet mécanique d’adaptations au bien-être partielles plus lentes que la croissance économique.Décomposition du coût des pensions (2025-2070)C’est la partie la plus éclairante du rapport : le vieillissement démographique pèserait 4,6 pp de PIB s’il était seul, mais il est largement neutralisé.

    Autrement dit, la progression plus lente de la pension moyenne par rapport aux salaires est le principal frein à long terme — et c’est la réforme des pensions qui l’alimente.2. Le scénario de référence (hypothèses)

    source: https://www.plan.be/fr/publications/comite-detude-sur-le-vieillissement-rapport-annuel-0 

  • Basic income reduces poverty and inequality: Are there costs in terms of efficiency?

    MéthodeMicrosimulation comportementale (modèle Gladhispania) sur les données SILC/Eurostat 2017 (~12 000 ménages), en se limitant aux couples avec ou sans enfants (6 629 personnes, 2 025 ménages), 25–65 ans, hors indépendants, retraités et bénéficiaires d’invalidité.Offre de travail discrétisée : 0/40/50 h pour les hommes, 0/25/40 h pour les femmes ; élasticités empruntées à Oliver & Spadaro (2017).Quatre réformes remplaçant l’IR espagnol : RB de 50 % à 80 % du seuil de pauvreté (8 522 €/an), avec taux proportionnel ajusté pour préserver les recettes fiscales (variation < 0,2 %).

    Résultats clésÉquité — le RB fait son travail. L’impôt proportionnel étant neutre en termes relatifs, toute baisse d’inégalité est imputable au RB seul :

    La redistribution (indice Reynolds-Smolensky) double voire triple, et la progressivité (Kakwani) augmente malgré le taux unique.Efficacité — le coût n’est pas négligeable. Les ménages pauvres, beaucoup plus élastiques (élasticité non conditionnelle des femmes du 1er décile : 4,38 contre 0,51 en moyenne), réduisent le plus leur travail :

  • Rapport mondial sur l’évasion fiscale 2024

    Les 6 principaux constats La fraude offshore des particuliers a fortement diminué : grâce à l’échange automatique d’informations bancaires, elle a été multipliée par 3 en 10 ans. La richesse financière offshore représente encore 10 % du PIB mondial, mais seulement 27 % de celle-ci (≈3,2 % du PIB mondial) échappe désormais à l’impôt – en baisse par rapport à la majeure partie avant 2013. Le transfert des bénéfices des entreprises reste énorme et inébranlable : 1 000 milliards de dollars de bénéfices enregistrés dans les paradis fiscaux en 2022 (35 % de tous les bénéfices étrangers des multinationales), coûtant 10 % des recettes mondiales de l’impôt sur les sociétés. Malgré le processus BEPS de l’OCDE (2015) et la loi américaine sur les réductions d’impôts et l’emploi (2018), il n’y a pas eu de baisse significative. Les multinationales américaines représentent 40 % des transferts de bénéfices mondiaux. L’impôt minimum mondial de 15 % a été supprimé : les recettes attendues sont passées de 9 % des recettes mondiales de l’impôt sur les sociétés (taux de 15 %, sans échappatoire) à moins de 5 %, principalement en raison : du taux qui est de 15 % au lieu de 20 % (16,7 % potentiel), de l’exclusion de substance, de l’exonération des bénéfices nationaux des multinationales américaines et du traitement préférentiel en matière de crédit d’impôt. Cela pourrait même renforcer le nivellement par le bas via l’exclusion. Une nouvelle concurrence fiscale à somme négative apparaît : 30 régimes fiscaux préférentiels dans l’UE attirent les particuliers fortunés (coût fiscal de 7,5 milliards d’euros, 263 000 bénéficiaires, réduction d’impôt moyenne de 28 400 euros par personne), plus une course aux subventions vertes qui peuvent compenser les gains d’impôt minimum. (≈0,5 % aux États-Unis, ≈0 % en France), en grande partie via des sociétés holding personnelles qui échappent à l’imposition des dividendes – une zone grise entre évasion et évasion. Un impôt minimum de 2 % pour les milliardaires permettrait de récolter 250 milliards de dollars/an auprès de moins de 3 000 personnes (richesse totale de 12 900 milliards de dollars). Le rapport note que cela pourrait couvrir entièrement les 500 milliards de dollars par an dont les pays en développement ont besoin pour le financement climatique lorsqu’ils sont combinés avec un impôt minimum sur les sociétés sans faille (également ~ 250 milliards de dollars). règles économiques de substance et anti-abus

    source: https://taxobservatory.eu/eutax-publication/global-tax-evasion-report-2024/.

  • inégalité des revenus et des patrimoines

    📊 Rapport sur les Inégalités Mondiales 2026 — Résumé des conclusions clés(Synthèse du World Inequality Lab — coordination : L. Chancel, R. Gómez-Carrera, R. Moshrif, T. Piketty ; avant-propos : J. Ghosh & J. E. Stiglitz)1. 💰 La concentration des revenus et du patrimoine atteint des niveaux extrêmesRevenus : les 10 % les plus riches de la population mondiale captent plus de revenus que les 90 % restants (environ 53 % du revenu mondial). À l’inverse, la moitié la plus pauvre de l’humanité ne reçoit que moins de 10 % du revenu total.Patrimoine : la concentration est encore plus marquée — les 10 % les plus riches possèdent les trois quarts (75 %) du patrimoine mondial, tandis que les 50 % les plus pauvres n’en détiennent que 2 %.L’ultra-richesse : les 0,001 % les plus riches (moins de 60 000 multi-millionnaires) contrôlent trois fois plus de richesse que la moitié de l’humanité réunie. Leur part est passée de 4 % en 1995 à plus de 6 % aujourd’hui.Dynamique : depuis les années 1990, le patrimoine des milliardaires croît d’environ 8 % par an, soit près du double du rythme des 50 % les plus pauvres. Ces derniers n’ont capté que 1,1 % de la croissance totale du patrimoine mondial, contre 36,7 % pour les 1 % les plus riches.2. 🌍 Une fracture Nord–Sud persistanteLe monde se divise en trois niveaux : revenus élevés (Amérique du Nord & Océanie, Europe), revenus intermédiaires (Russie & Asie Centrale, Asie de l’Est, Moyen-Orient & Afrique du Nord) et régions à faible revenu (Amérique Latine, Asie du Sud & du Sud-Est, Afrique Sub-Saharienne).L’écart-type est saisissant : revenu moyen de 125 €/jour en Amérique du Nord & Océanie contre ~10 €/jour en Afrique Sub-Saharienne — un rapport de 1 à 13.Le système financier mondial transfère chaque année environ 1 % du PIB mondial des pays pauvres vers les pays riches (le « privilège exorbitant ») — soit trois fois plus que l’aide au développement.3. 🎓 Le capital humain : des écarts qui cimentent l’avenirLes dépenses d’éducation par enfant vont de 220 € en Afrique Sub-Saharienne à 9 025 € en Amérique du Nord — un écart de 1 à 41 qui reproduit les inégalités d’une génération à l’autre.5. 🌱 Climat : une responsabilité très concentréeLes 10 % les plus riches sont responsables de 77 % des émissions liées à la propriété privée du capital ; la moitié la plus pauvre n’en émet que 3 % — tout en étant la plus exposée aux chocs climatiques.6. ⚖️ Fiscalité et recommandationsLe problème : la fiscalité échoue « au sommet » — les taux effectifs d’imposition progressent pour la majorité mais chutent fortement pour les milliardaires et centi-millionnaires.Les solutions proposées :
    Un impôt minimum mondial sur la fortune des multi-millionnaires (recettes estimées : 0,45 % à 1,11 % du PIB mondial) ;Des investissements massifs dans l’éducation et la santé ;Des politiques de soins (garde d’enfants, congés parentaux) pour réduire les écarts femmes-hommes ;Une réforme du système financier international mettant fin aux transferts nets Sud → Nord ;Des taxes sur les investissements carbonés pour financer l’adaptation climatique.

    source:  https://wir2026.wid.world/www-site/uploads/2025/12/WIR26_Executive_Summary_French.pdf

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